5. Les plaies

Une plaie est une atteinte des chairs, des tissus, avec lésion des téguments (peau, muqueuse) due à une cause externe.

On distingue les plaies simples et les plaies graves.

Sont généralement considérées comme simples les plaies ayant les caractéristiques suivantes:

peu étendues: la surface atteinte ne dépasse pas celle de la paume d’une main de la victime,
superficielles,
peu ou non souillées,
ne contenant pas de corps étrangers,
ne saignant pas, ou très peu.

Lorsque l’une des conditions ci-dessus n’est pas respectée, on considère que la plaie est grave.

En cas de plaie grave, il faut très rapidement faire appel au médecin et, en attendant, ne pas y toucher.

Si l’on en dispose, recouvrir la plaie de matériel stérile sans la comprimer.

Complications des plaies
Le risque majeur d’une plaie est l’infection. En temps normal, la peau et les muqueuses constituent une véritable barrière de protection de l’organisme vis-à-vis de l’extérieur.

Lorsqu’une brèche est créée dans ce système, la porte est ouverte aux microbes nuisibles (dits «pathogènes») et ceux-ci pénètrent dans l’organisme. Le corps lutte contre ces microbes, ce qui provoque une «réaction» souvent visible à l’extérieur. Néanmoins, si le système de défense perd la bataille, les microbes s’installent, se développent et provoquent l’infection.

Selon la localisation et le type de microbe (il en existe une multitude), l’infection restera localisée ou atteindra l’organisme entier l’infection prend alors le nom de septicémie.

La gravité de l’infection dépend du type de microbe en cause, mais aussi de la capacité qu’a l’organisme de se défendre contre celui-là en particulier.

Il est possible d’aider l’organisme à lutter contre l’infection, et cela de façon très simple :

débarrasser d’abord la peau des saletés (visibles ou non) qui peuvent s’encrasser, par un simple nettoyage de la plaie à l’eau et au savon neutre non parfumé,
puis tuer les microbes qui risquent d’entrer dans l’organisme par l’utilisation d’un antiseptique. Il existe différents produits sur le marché qui possèdent cette propriété.

Un type d’infection auquel il faut être particulièrement attentif est le tétanos. Cette maladie est provoquée par un microbe (le bacille de Nicolaier) très répandu dans la terre, le fumier, la rouille. D’où le risque de développer la maladie en cas de plaie souillée de terre ou provoquée par des objets rouillés. En Europe, même si la maladie n’est plus fréquente, 50% des personnes atteintes en meurent, alors qu’il existe un vaccin très efficace.

En cas de plaie, toujours s’assurer que la personne est bien vaccinée contre le tétanos.

En dehors d’un contexte à risque, le vaccin protège pendant une période de 10 ans. Dès le moindre doute concernant cette vaccination, contacter un médecin.

Il se peut qu’une hémorragie accompagne la plaie; on agira alors comme dans le traitement d’une hémorragie.

Il peut y avoir un corps étranger dans la plaie; se référer au traitement proposé auparavant.

Comment réagir face à une plaie ?
Le secouriste ne soigne lui-même que les plaies simples ; toutes les plaies graves sont directement recouvertes au moyen de compresses stériles ou de linges très propres. La victime doit être dirigée vers un centre de soins.

Dans les cas de plaies simples :

si possible, toujours installer la personne au calme et à l’intérieur d’une maison,
la faire asseoir et lui parler pour la rassurer,
préparer sur une surface propre le matériel nécessaire : un savon neutre et non parfumé; préférer l’utilisation d’un système liquide à celle de la brique de savon qui est généralement souillée par l’emploi précédent, des compresses stériles, de préférence en emballage individuel, un produit antiseptique, de préférence incolore (se référer aux conseils du pharmacien), de quoi fixer le pansement : sparadrap, pansement adhésif ou bandage si nécessaire, des ciseaux propres, un gant de toilette et un essuie propres ou des compresses non stériles. Se laver méticuleusement les mains pour ne pas apporter de microbes supplémentaires dans la plaie que l’on soigne au savon neutre et non parfumé,
se frotter énergiquement les mains et les poignets savonnés, surtout dans les espaces interdigitaux,
si possible se passer les ongles à la brosse;
rincer sous le jet d’eau courante,
s’essuyer avec un essuie ou avec un mouchoir propre (éventuellement avec un essuie-tout, un mouchoir en papier, etc.)

Nettoyer la plaie ou laisser la personne le faire elle-même. Si elle le souhaite, à l’aide de savon propre, neutre et non parfumé. Le mouvement part du centre de la plaie pour aller vers la périphérie; nettoyer également autour de la plaie. Utiliser des compresses si on en possède suffisamment, sinon les réserver pour l’antisepsie et utiliser ici un gant de toilette propre ou tout autre morceau de tissu propre.

Si la plaie reste souillée par de la terre, poser dessus une compresse imbibée d’eau oxygénée. Remarque:

Pour être efficace l’eau oxygénée doit encore mousser, et pour cela elle doit impérativement être fraîche. Si l’on constate qu’elle ne mousse plus, il ne sert plus à rien de l’utiliser; on peut la jeter.

rincer convenablement l’endroit,
sécher à l’aide de matériel propre,
appliquer un antiseptique sur la plaie à l’aide de compresses stériles; celles-ci se manipulent au minimum, en les saisissant par les coins, sans jamais toucher le centre de la compresse,

verser le produit sur la compresse (sans que le goulot du flacon ne la touche;


veiller également à tourner l’étiquette vers le haut afin de ne pas l’altérer),

partir du centre de la plaie pour aller vers la périphérie, sans jamais revenir au centre,
utiliser pour cela autant de compresses qu’il est nécessaire. Eviter de frotter une plaie (c’est très douloureux), il vaut mieux la tamponner,
si la plaie est minime, la laisser à l’air libre ou y poser un petit pansement adhésif, sinon la recouvrir à l’aide d’une compresse stérile que l’on fixe au moyen de sparadrap (s’assurer que les contours soient bien secs) ou de tout autre bandage,
surveiller l’évolution de la plaie.

Le seul corps étranger que l’on puisse retirer soi-même sans risque de complication est l’écharde superficielle. Dans ce cas :

nettoyer la plaie,
appliquer un antiseptique sur l’endroit,
se munir d’une pince à épiler et/ou d’une aiguille que l’on aura préalablement désinfectée en passant le bout dans une flamme ou sous l’alcool pur (ne plus y toucher ensuite),
retirer l’écharde,
utiliser à nouveau un antiseptique et laisser à l’air.

Comme dans les cas d’hémorragie, proscrire l’utilisation de l’ouate pour les soins de plaies.

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