Il est toujours difficile de faire la distinction entre une fracture, une luxation et une entorse. Il faut dès lors soupçonner une fracture chez toute personne présentant un traumatisme.
Les fractures
Ce sont des atteintes d’un ou de plusieurs os, caractérisées par une rupture totale ou partielle. Il peut y avoir une ou plusieurs fractures sur un même os. Les morceaux d’os peuvent être encore en place ou être déplacés. Dans certains cas, ils peuvent même avoir perforé la peau, on parle alors de «fracture ouverte» (l’os cassé est apparent au niveau de la peau sous la forme d’une plaie avec l’aspect d’un corps étranger).
Les luxations
Ce sont des déboîtements articulaires, parfois avec déchirure des ligaments et déplacement des extrémités osseuses. Elles surviennent aux grosses articulations : hanche, épaule, genou, coude, et parfois pouce.
Les entorses
Les entorses sont également des atteintes articulaires mais sans déboîtement. Il s’agit donc d’un mouvement naturel «forcé», où les ligaments sont distendus, voire déchirés.
Manifestations de ces traumatismes :
Plusieurs symptômes entrent en ligne de compte dans leur évaluation, notamment la présence, à différents degrés, de:
| • | douleur, |
| • | impotence fonctionnelle, |
| • | déformation, |
| • | gonflement, |
| • | plaies éventuellement associées. |
Comme nous l’avons déjà souligné, la répartition de ces symptômes en fonction du traumatisme n’est pas systématique; outre la résistance de la personne, de nombreux facteurs influencent tant l’état que le pronostic. Etant donné la difficulté de les distinguer entre eux, le secouriste adoptera la même attitude dans les trois cas.
Que faire face à un traumatisme ?
Dans tous les cas, faire respecter le principe d’immobilité.
Les cas où il y a un risque de fracture de la colonne vertébrale doivent susciter une attention renforcée; ce type de traumatisme peut avoir des conséquences particulièrement graves. Dans toute situation suspecte de ce point de vue, il est impératif de faire comprendre au blessé qu’il doit rester immobile et de ne laisser personne le déplacer (l’utilisation d’un matériel spécifique est requise). Tout mouvement inconsidéré peut avoir pour conséquence une lésion ou une section de la moelle épinière et entraîner une paralysie définitive.
Que faire ?
Dans tous les cas, consulter un médecin qui évaluera la gravité et décidera du traitement adéquat.
| • | couvrir les plaies avec un pansement stérile ou, éventuellement, un linge très propre en coton, |
| • | immobiliser la partie atteinte en position confortable pour la victime afin d’éviter d’aggraver la situation et, excepté le cas d’une suspicion de fracture de la colonne vertébrale, lui laisser choisir sa position, |
| • | la couvrir si nécessaire, |
| • | s’il s’agit d’une atteinte des membres inférieurs, desserrer les lacets des chaussures, sans les retirer, |
| • | attendre les secours avec la victime. |
Dans le cadre de l’action de secouriste, ne jamais tenter de remettre en place un os déboîté.
Remarque: Uniquement dans les cas de récidive d’entorse (diagnostiquée précédemment), appliquer localement du froid (sous forme de glace pilée dans un sac en plastique ou de linges trempés dans de l’eau froide) pendant environ quinze minutes, puis soutenir l’articulation par un bandage modérément serré, et surélever le membre.
Cas particuliers : les traumatismes crâniens
La plaie
Etant donné le peu d’épaisseur de la peau entre la boîte crânienne et le cuir chevelu, un choc occasionne le plus souvent une plaie qui saigne toujours abondamment. C’est impressionnant mais souvent sans gravité réelle. Par contre, il est indispensable de s’assurer qu’ il n’y a pas de fracture en-dessous de la plaie.
La commotion cérébrale
Un choc violent sur la boîte crânienne peut provoquer une commotion cérébrale, c’est-à-dire un ébranlement du cerveau. L’activité de cet organe, relativement mou, est alors fortement perturbée. Cette possibilité est à envisager lorsqu’une victime perd conscience, ne serait-ce que quelques minutes.
Les fractures du crâne
Les traumatismes crâniens sévères déforment la boîte crânienne qui, si les limites de son élasticité sont dépassées, se fracture. Dans ce cas, deux problèmes doivent susciter l’attention du secouriste:
| • | lorsque la fracture du crâne est ouverte, l’infection peut pénétrer et gagner ainsi le cerveau, ce qui entraînera des complications graves, |
| • | lorsque la fracture lèse des vaisseaux, il se produit un saignement entre le cerveau et la boîte crânienne. Cette hémorragie crée une poche de sang (appelée «hématome intracrânien»), laquelle gonfle, comprime plus ou moins fort le cerveau, et perturbe les fonctions cérébrales. |
Que faire ?
Dans tous les cas consulter un médecin qui évaluera la gravité et décidera du traitement adéquat.
| • | couvrir les plaies avec un pansement stérile ou, éventuellement, un linge très propre en coton, |
| • | immobiliser la partie atteinte en position confortable pour la victime afin d’éviter d’aggraver la situation et, excepté le cas d’une suspicion de fracture de la colonne vertébrale, lui laisser choisir sa position, |
| • | la couvrir si nécessaire, |
| • | s’il s’agit d’une atteinte des membres inférieurs, desserrer les lacets des chaussures, sans les retirer, |
| • | attendre les secours avec la victime. |
Signes qui laissent suspecter une lésion cérébrale grave:
| • | l’altération de l’état de conscience est un des reflets de la gravité d’une lésion crânienne: il faut se méfier lorsque l’on découvre une victime traumatisée inconsciente et qu’elle ne reprend pas rapidement conscience; il faut également être attentif au blessé qui somnole ou s’embrouille, qui ne se souvient plus de ce qui vient de se passer, qui se comporte de façon anormale ou perd à nouveau conscience, |
| • | il est admis que le fait de perdre conscience, revenir à soi et reperdre conscience un peu plus tard indique une lésion cérébrale grave, |
| • | l’écoulement de sang et/ou l’écoulement de liquide limpide (liquide céphalorachidien) par les orifices de la face peut être caractéristique de certaines fractures du crâne; chez une victime traumatisée, tout écoulement par le nez, les oreilles ou la bouche doit y faire penser, de même que tout hématome autour des yeux, |
| • | le pouls est souvent ralenti à moins de 65 pulsations par minute lorsqu’il y a une atteinte cérébrale, |
| • | les vomissements sont fréquents chez un blessé qui a une fracture du crâne, |
| • | des maux de tête importants suite à un traumatisme devront toujours faire suspecter une lésion, |
| • | le blessé peut être paralysé, en totalité ou partiellement. |
Une fracture ouverte peut être suspectée lorsque l’on constate une plaie au crâne.
Remarque: Les plaies au visage et/ou au crâne saignent toujours abondamment; c’est souvent très impressionnant mais ce n’est pas alarmant.
Par contre, la victime peut saigner à l’intérieur du crâne, de sorte qu’on ne voit rien; c’est très grave puisqu’un hématome dans la boîte crânienne va comprimer le cerveau, donc le faire souffrir.
Comment réagir face à une victime d’un traumatisme crânien :
| • | laisser s’écouler librement tout liquide s’échappant par le nez et/ou la bouche et/ou les oreilles, |
| • | être attentif à la présence potentielle des signes décrits ci-dessus, |
| • | noter le moment de la disparition et de la réapparition éventuelle de la conscience, |
| • | surveiller l’évolution de l’état de conscience, |
| • | respecter l’axe tête-cou-tronc, |
| • | dégager les voies respiratoires et surveiller la respiration, |
| • | s’il y a une plaie superficielle (sans fracture), la traiter comme les autres plaies, |
| • | en cas de fracture ouverte du crâne, empêcher la plaie de s’infecter la recouvrir stérilement (ou très proprement), si possible en écartant les cheveux afin qu’il n’y pénètrent pas. |
De toute façon :
| • | ne pas «tâtonner» dans une plaie du cuir chevelu, |
| • | ne pas appuyer sur la plaie, |
| • | ne pas essayer de retirer des fragments d’os d’une plaie du cuir chevelu. |
Il est important que le secouriste veille au repos et au calme absolu de la victime, sinon celle-ci risque de garder des séquelles de l’accident (sous forme de maux de tête persistant de longues semaines après).
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