L’hémorragie est un écoulement de sang hors des vaisseaux sanguins, qui a pour conséquence une réduction du volume sanguin circulant.
On distingue :
| • | les hémorragies externes : le sang s’écoule à l’extérieur du corps par une ouverture de la peau; lorsque l’endroit est découvert, le point d’hémorragie et le sang sont visibles, |
| • | les hémorragies internes: le sang s’écoule à l’intérieur du corps (par exemple, dans la cavité abdominale); le point d’hémorragie et le sang sont donc invisibles, |
| • | les hémorragies extériorisées : le sang s’écoule par un orifice naturel (par exemple, le nez, la bouche, les oreilles...); le point d’hémorragie est invisible, mais le sang s’écoule à l’extérieur; l’hémorragie, quant à elle, est donc visible. |
Une perte de sang supérieure à un demi-litre (pour être exact, il faut compter 15% de la quantité totale, soit environ 750 mI pour un adulte qui aurait 5 litres de sang) déséquilibre le système circulatoire et met en danger la vie de la victime.
Le seul type d’hémorragie qu’il est possible de stopper, de manière efficace et sans créer d’autres lésions, est l’hémorragie externe.
Il faut donc stopper le plus rapidement et le plus efficacement possible toute hémorragie à sa source. Malheureusement, comme il n’est pas possible pour un secouriste d’identifier avec certitude l’origine d’une hémorragie interne et/ou extériorisée, il n’est pas possible d’intervenir dans ces cas.
Attention : la perte d’un litre de sang chez un adulte (et bien moins chez un enfant) peut entraîner la mort !
Comment réagir face à une hémorragie externe :
Le sang s’échappe hors de l’organisme. Mais attention, il se peut que le point d’hémorragie soit masqué, par exemple, par les vêtements ou la position de la victime.
Pour stopper le saignement, il faut, sauf cas particuliers :
| • | écarter les vêtements qui recouvrent la blessure. Il est important de bien localiser l’endroit qui saigne, |
| • | effectuer une compression directe, c’est-à-dire directement sur le point d’hémorragie idéalement à l’aide d’un pansement individuel stérile et compressif ou avec un linge propre et sec que l’on applique fermement sur la plaie; le cas échéant, avec les doigts; |
L’arrêt de l’hémorragie est prioritaire sur les risques d’infection :
| • | maintenir la partie qui saigne surélevée par rapport au coeur (excepté en cas de fracture du membre), |
| • | envoyer quelqu’un prévenir les secours, |
| • | garder cette compression directe avec les mains le plus longtemps possible, |
| • | coucher la victime dès que possible, |
| • | surveiller la victime: son pouls, sa respiration, son état d’éveil, sa coloration. |
Bannir l’utilisation de l’ouate et/ou des mouchoirs en papier en cas d’hémorragie.
Après 10 minutes de compression :
| • | si l’hémorragie persiste après 10 minutes de compression, il s’agit d’une hémorragie incontrôlable par l’organisme; la seule chose à faire est de maintenir la compression directe jusqu’à l’arrivée des secours spécialisés. Vérifier qu’il n’y a pas d’erreur de localisation du point d’hémorragie. |
| • | si, par contre, l’hémorragie semble s’être arrêtée ou avoir diminué, on peut alors effectuer un bandage compressif sans chercher à désinfecter la plaie ni retirer le premier pansement. |
Celui-ci peut se réaliser à l’aide d’un pansement compressif individuel ou, à défaut, du linge propre plié qui a initialement servi lors de la compression, et que l’on fixe avec un sparadrap ou tout autre moyen disponible. La pression maintenue sous le compressif doit être modérée mais suffisante.
Remarques :
| • | un pansement qui rougit ou suinte un peu sera renforcé avec des compresses et une pression plus forte, |
| • | le premier pansement ne doit jamais être enlevé sans qu’on en ait reçu l’autorisation du médecin; ce faisant, on pourrait arracher les caillots déjà formés et réactiver l’hémorragie, |
| • | toujours laisser la région atteinte accessible et bien visible pendant les manipulations, |
| • | le pansement ne doit pas être trop serré après quelques minutes, l’extrémité du membre ne doit être ni froide, ni violacée. Le pouls doit, en principe, être palpable en aval du pansement. |
Cas particuliers :
A. Corps étranger dans une plaie
| • | surtout ne pas l’enlever s’il est enfoncé profondément; on peut éventuellement nettoyer autour de la plaie afin d’éviter que des débris n’y pénètrent (par exemple, débris de verre, etc.), mais de toute façon il faut immobiliser ce corps étranger à l’aide de compresses stériles pour éviter qu’il ne bouge dans la plaie, |
| • | ce type de plaie ne saigne pas souvent; il convient de ne pas s’occuper de l’hémorragie potentielle, il faut surtout protéger la plaie et surveiller la victime. |
| • | ne pas comprimer sur un corps étranger, cela l’enfonce davantage dans les tissus. |
B. Hémorragie incontrôlable
Dans les cas où l’hémorragie est totalement incontrôlable (membre déchiqueté, fracture ouverte avec hémorragie, hémorragie sur corps étranger ...), le plus efficace est de comprimer l’artère à distance.
| • | s’il s’agit d’un membre supérieur, exercer une pression dans le creux de l’aisselle avec les deux pouces, |
| • | s’il s’agit d’un membre inférieur, exercer une pression avec le poing sur le rebord du bassin au pli de l’aine. |
Ne jamais placer un garrot au membre atteint, cette attitude ancienne est bien plus néfaste que réellement utile.
Comment réagir face à une hémorragie interne :
L’écoulement de sang se produit quelque part à l’intérieur de l’organisme; extérieurement il est imperceptible. On ne peut que suspecter une hémorragie interne selon les circonstances de l’accident:
Dans tous les cas où la victime a reçu un coup sur la tête, au thorax, à l’abdomen ou au dos... il faut être particulièrement attentif si l’on constate les symptômes du «pré-choc» et/ou si la personne, d’abord inquiète et excitée, devient somnolente.
Tout changement de comportement chez une victime est inquiétant.
Que faire ?
Lutter contre l’installation de l’état de choc et prendre toutes les mesures de protection.
Comment réagir face à une hémorragie extériorisée :
Dans ce cas, le sang va s’écouler à l’extérieur par un orifice naturel. Cela peut se produire spontanément dans le cadre de certaines maladies ou lors d’un traumatisme (coup, chute, accident...).
On peut parler d’écoulements:
| • | par le nez et/ou l’oreille, |
| • | par la bouche, |
| • | par les voies basses. |
Ecoulements par le nez :
| • | Spontané : cela peut être dû à une faiblesse passagère des capillaires, une irritation (lorsqu’on se mouche trop fort...), ou à une maladie (problème de tension artérielle). Ce n’est pas grave, mais il faut consulter un médecin dans le second cas, car bien souvent ce phénomène ne s’arrête pas seul. Dans tous les cas, ne rien mettre dans la narine; proscrire l’utilisation des tampons d’ouate. Il existe des tampons hémostatiques que l’on peut employer. Si on en utilise, il faut les laisser en place jusqu’à la consultation médicale car lors du retrait on arrache le caillot formé, ce qui entretient le saignement. |
| • | Traumatique : suite à un traumatisme de la face ou du crâne, l’écoulement peut se faire par le nez et/ou par la bouche et/ou par une oreille. La victime peut être consciente ou inconsciente, parfois on peut voir des plaies. L’écoulement peut être rouge plutôt foncé (sang pur), clair (le liquide céphalo-rachidien) ou rosé (mélange des deux). |
Que faire ?
| • | faire un rapide bilan de la situation et faire appel au 117 et au 144, |
| • | faire s’allonger au calme, |
| • | ne pas y toucher (excepté en cas de danger immédiat), |
| • | desserrer col et cravate, |
| • | libérer les voies respiratoires (en dégageant, s’il y a lieu, la bouche de tout corps étranger visible) par la technique de la protrusion de la mâchoire, |
| • | considérer la personne en état de «pré-choc» et prendre toutes les mesures «anti-choc», |
| • | attendre les secours à côté de la victime, en surveillant attentivement ses fonctions vitales, |
| • | maintenir l’état d’éveil de la victime, |
| • | considérer la personne comme une «poupée de porcelaine» et l’empêcher de bouger, surtout la tête, |
| • | laisser le sang s’écouler naturellement. |
Il faut également s’inquiéter de l’état d’une personne accidentée :
| • | dont le pouls est faible, difficile à prendre et très souvent accéléré (supérieur à 80 pulsations minute), |
| • | dont la respiration est difficile et/ou accélérée, |
| • | dont l’état de conscience semble altérée ( impression de «sommeil anormal») et/ou qui semble de plus en plus difficilement «réveillable», |
| • | qui semble être anormalement agitée ou calme. |
Une caractéristique de l’état de choc est qu’il peut facilement passer inaperçu, même s’il est grave.
Il faut donc être attentif dans tous les cas aux signes précités, et toujours considérer les personnes qui ont perdu beaucoup de sang ou qui sont gravement brûlées comme des «choqués» en puissance.
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